Pour quel motif avons nous décidé de quitter la France pour nous installer dans un autre pays ? c’est une question que de nombreuses personnes souhaitant franchir le pas se sont posées. Es-ce suite à un manque de reconnaissance de l’état français envers ses compatriotes ? par intérêt financier ? parce qu’on est tombé en amour d’un pays ??? Bref !!!! nombreuses sont les raisons qui poussent certains à s’exiler. Elles diffèrent plus ou moins selon l’existence et le passé de chacun.
Tout d’abord, nous nous sommes posé la question fatidique : « Es-ce raisonnable de quitter notre pays d’origine que nous connaissons bien et dans lequel nous avons vécu de merveilleux moments, mais également des périodes difficiles, parfois insupportables ? ». Une autre question incontournable « Qu’y a-t-il de bien et de moins bien par rapport à notre pays de naissance ? »
Cette période de doute est très importante, c’est à ce moment-là que nous nous remettons en question, car il ne s’agit pas là d’acheter un meuble ou de quitter un emploi pour un autre, mais un changement total de culture, un changement qui sera plus ou moins bien accepté selon les individus. Par ailleurs, dans notre cas, nous avons la responsabilité de nos enfants.
Après avoir conversé avec de nombreuses personnes immigrantes, québécois, lu de nombreux articles…, nous avons décidé de nous pencher sérieusement sur la question de l’immigration.
Etant intermittent du spectacle et ma femme Assistante maternelle, nous n’avions aucune obligation salariale. Ayant 35 ans et Coco 32 ans, 2 enfants, un petit patrimoine. Bref, rien ne semble nous empêcher de nous lancer dans cette aventure.
Début 2004, nous nous avons décidé de nous laisser une année de « carence » avant d’entreprendre sérieusement nos démarches. Nous dirons simplement que nous donnons au destin de choix de notre vie.
Travaillant régulièrement pour une chaîne de télévision nationale que je souhaite intégrer depuis fort longtemps (je pense qu’inconsciemment, je souhaite l’intégrer depuis toujours), je me donne donc un ultimatum, ou plutôt une date butoir, date à laquelle notre décision sera prise. Donc si au 31 décembre 2004, je ne suis pas intégré comme salarié au sein de cette entreprise, je m’exile. Non pas par vengeance ou autre sentiment de rejet, mais tout simplement pour ne pas attendre 10 ou 15 ans de ma vie un poste qui ne sera peut-être jamais.
Durant cette année 2004, nous avons passé 3 semaines dans la Belle Province avec nos amis québécois (que nous avons connu lors d’une croisière aux Caraïbes en décembre 2002). Leur accueil était si chaleureux, que ça nous changeait de cet esprit conservateur français que nous connaissions jusque là.
Nous avons beaucoup apprécié notre séjour à leur cotés, leur gentillesse et leur disponibilité nous rendaient parfois mal à l’aise. Nous ne voulions pas abuser en leur imposant notre présence. Nous avons pu, grâce à eux, connaître leurs amis, vivre des moments très sympas, bref ! nous avions l’air de nous connaître depuis fort longtemps. Le thème de cet article n’étant pas de raconter ce voyage, je vous invite, si vous le souhaitez, à consulter les photos de ce séjour (en août) sur ce blog.
Revenons au choix du « destin », durant l’année 2004, 3 postes se sont libérés, mais ont été comblés par 2 salariés venant d’autres services et par une collègue intermittente qui postulait également. Donc les postes étant pris, ma destinée se tourne vers l’immigration.
Nous avons eu 1 an pour réfléchir. « Pourquoi immigrer au Canada ? »
Le rythme de vie diffère totalement, le stress est moins présent, les québécois sont courtois. La vie est moins cher me direz-vous, je ne pense pas si l’on considère le niveau des salaires.
Mais attention, ne pensez pas qu’il s’agisse d’un eldorado, nous ne nous attendons nullement à ce que la vie soit facile, au contraire, comme me l’a dit mon père « personne ne vous attend là-bas ». Il est clair que personne ne nous attend. Nous sommes conscients que nous changeons de vie, de culture, de continent, de rythme de vie…
Nous, français sommes tellement habitué à l’assistanat que nous ne nous rendons pas compte des nombreux acquis et avantages que nous avons, nous avons accès à un grand nombre de services (certes peu efficaces lorsqu’on en a réellement besoin et excessivement lent, mais tout de même présent), nous avons un petit rhume, un coup de fil au médecin, et on a le rendez-vous dans la journée, ça ! ça n’existe pas au Canada.
A contrario, vous faites un achat et vous rendez compte qu’il y a un problème ou un défaut, vous décidez donc de le rapporter au magasin, c’est là qu’on vous répond « Je ne peux pas vous l’échanger ou vous le rembourser car vous l’avez ouvert » (je sais de quoi je parle, ça m’est arrivé), ça ! c’est rare au Canada.
Bref, je ne vais pas énumérer tous les bons et mauvais cotés du Canada ou de la France, mais notre choix est vivement réfléchi, qu’il n’en déplaise à certaines personnes qui ne comprennent pas notre choix.
Et puis de toute façon, la vie n’est qu’une succession d’expériences, donc si notre immigration venait à ne pas fonctionner comme nous l’espérions, cela ne serait certes pas agréable, mais nous la considèrerons comme une expérience.
Michel
Afin d’éviter une étape supplémentaire, et voyant le cours de l’euro baisser par rapport au dollar canadien, nous avons décidé de régler la totalité des frais d’immigration pour le fédéral, soit 2130€ (700€ pour 2 adultes + 190€ pour 2 enfants + 1240€ de droit de RP pour les 2 adultes, les enfants en sont exempts). lien: http://www.dfait-maeci.gc.ca/canadaeuropa/france/visas/frais-fr.asp
En effet, pour le dossier fédéral, il est possible de régler en euro ou en dollar canadien. Une fois par mois, le service d’immigration de l’Ambassade du Canada met à jour les frais à régler qu’ils soient en euro ou en dollar canadien, ceci en fonction du cours du dollar canadien. Nous avons bien fait car avec la chute de l’euro, nous avons pu économiser 80€. Par contre, il est maintenant temps que l’euro remonte car lorsque nous transfèrerons notre argent, le taux de change du moment sera appliqué.
De plus, l’Ambassade n’accepte plus les règlements par chèque, mais essenciellement en espèces ou par virement bancaire, nous avons donc opté pour cette dernière solution.
Donc après avoir télechargé et rempli le dossier fédéral sur le site de l'Ambassade: http://www.cic.gc.ca/francais/demandes/qualifie.html , c'est le 7 juin 2005 que toute notre petite famille se déplace à l’Ambassade du Canada pour l'y déposer.
Après un contrôle au détecteur de métaux à l’entrée, nous déposons notre dossier à un agent qui contrôle si tout les documents sont présents. Il doute juste de la validité des photos que nous avons fait nous-même avec notre appareil photo numérique et notre imprimante photo.
Finalement, il accepte le dossier tout en se réservant sur les photos.
Le 12 juillet 2005, Nous recevons l’AR du dossier fédéral, cela signifie que le traitement est en cours. Un numéro de dossier, que nous pouvons consulter sur le site de l’Ambassade du Canada, nous est également transmis.
Reste maintenant l’étape de la visite médicale. D’après les statistiques d’immigrer.com, nous devrions recevoir les IVM (Instructions de la Visite Médicale) environ un mois après.
Quelle ne fut pas notre surprise lorsque le 15 juillet 2005, soit 3 jours plus tard, que nous recevons l’IVM accompagné d’une demande de photos pour Paul et Corinne ainsi qu’une demande de toutes les pages du livret de famille. En effect, les photos de Coco sont légèrement plus petites que les dimensions requises, quant à celles de Paul, il n’était pas de face. Mais essayez de prendre des photos d’identités d’un bébé de 20 mois !!!!
Nous avons donc envoyé les pièces demandées le 28 juillet 2005, juste après la visite médicale (lire mon article).
Michel
Ca y est ! le sort est jeté. Après un mois de démarches auprès de diverses administrations plus ou moins efficaces, d’anciens employeurs, d’établissements scolaires, etc…afin de réunir toutes les pièces nécessaires, nous arrivons enfin à compléter notre dossier. C’est le 6 avril 2005 que nous postons notre dossier d’immigration à destination du Bureau d’Immigration du Québec situé à Paris, rue de la Boétie.
Coût des frais pour 2 adultes et 2 enfants : 840CAD (à régler avec un chèque certifié en dollars canadien). Coco étant auxiliaire de puériculture équivalent à aide-éducatrice de la petite enfance au Québec (qui est une profession en demande), et étant plus jeune que moi, nous choisissons de la présenter comme requérante principale. Ainsi, le dossier devrait passer un peu plus facilement que si je me nommais moi-même requérant principal, car trouver un emploi en étant intermittent du spectacle semble poser un peu plus de difficultés.
12 avril 2005, nous recevons l’accusé de réception de la poste qui nous informe que notre dossier est en traitement. En consultant les statistiques de « immigrer.com », le délai moyen se situe entre 1 mois et demi et 2 mois. 25 mai 2005, alors que j’étais au bureau, Coco me téléphone pour m’informer qu’un courrier à l’entête du BIQ (Bureau d’Immigration du Québec) vient d’arriver. Elle l’ouvre…et lit « Madame…blablabla…nous vous invitons à une séance d’information où nous aurons la joie de vous remettre votre CSQ, il s’agit du Certificat de Sélection du Québec. Heureux ! nous sommes heureux ! La première étape est passée. En effet, sans ce document, nous ne pouvons immigrer au Québec, car cette province est la seule du Canada qui sélectionne ses immigrants. Corinne ne pouvant se libérer, avant la semaine suivante, je me dévoue pour suivre cette séance d’information suivit de la remise de nos CSQ.
Dans cette enveloppe, se trouvent donc 2 exemplaires des CSQ pour chaque membre de la famille. 1 sera à joindre au dossier fédéral et l’autre à présenter lors de l’arrivée sur le territoire canadien, ainsi que lors de diverses démarches lorsque nous serons sur place.
L’étape du Québec maintenant franchie, une autre période de recherche et de classement commence, celle du dossier fédéral. Et oui !! nous devons maintenant être acceptés par le Canada.
Michel




